Restauration de forêts : comment EDF et Oklima soutiennent la reconstitution d’une forêt et de sa biodiversité dans les Monts d’Arrée ?

Dans les Monts d’Arrée, au cœur du Parc naturel régional d’Armorique, un projet de reboisement vise à restaurer une forêt touchée par l’incendie de juillet 2022. Soutenu par le Fonds de Compensation Carbone d’EDF et accompagné par Oklima, ce projet a obtenu la labellisation Label Bas-Carbone le 13 février 2026 (projet n° 19138570).

Ce dispositif du Ministère de la Transition écologique permet à des entreprises de financer des projets de séquestration de carbone en France. Le projet suit la méthode « Reboisement » du Label, approuvée par l’administration, et a été validé par la DREAL.

Comment accompagner la régénération d’une forêt sinistrée tout en renforçant sa capacité à faire face aux aléas climatiques et en contribuant à la dynamique du territoire ?

Une nouvelle vie pour les Monts d’Arrée 

Si la nature dispose de capacités pour se régénérer seule, le recours à l’intervention humaine est parfois nécessaire afin de reconstituer un peuplement sain, d’améliorer l’adaptation des essences au changement climatique et de soutenir le retour de la biodiversité.

C’est l’ambition de ce projet de 29,05 hectares, situé sur les communes de Saint-Rivoal et de Brasparts. Il vise à reconstituer un peuplement forestier plus diversifié et plus résilient face au changement climatique. Il permettra de séquestrer plus de 7 200 tonnes de CO₂ équivalent sur 30 ans.

Au-delà de son intérêt climatique, ce projet s’inscrit dans un patrimoine naturel exceptionnel, au cœur du Parc Naturel Régional d’Armorique (PNRA). Ce site, aux paysages uniques et atypiques, constitue un véritable trésor pour la région. Les Monts d’Arrée sont en effet aujourd’hui de prestigieux sites archéologiques et mégalithiques, avec une flore reconnue à l’échelle européenne. Entre traditions et légendes, ce site représente une richesse pour la Bretagne.

Pour mener à bien ce projet, divers leviers ont été mis en place afin de régénérer la forêt et sa biodiversité.

Un choix d’essences adaptées au site et au climat futur 

Les experts d’Oklima, en étroite collaboration avec le gestionnaire forestier, ont procédé à une sélection rigoureuse de six essences. Ce choix repose avant tout sur les caractéristiques du site : des stations de landes aux sols acides et pauvres, avec environ 1 100 mm de pluie par an. Les secteurs les plus humides, engorgés d’eau en hiver, accueillent des pins maritimes, qui supportent bien l’excès d’eau.

L’épicéa de Sitka, qui a besoin de plus de 900 mm de pluie par an, occupe le reste de la parcelle. Le thuya géant et le cryptomère du Japon, qui apprécient l’humidité, complètent le mélange avec le pin sylvestre et le chêne rouge d’Amérique en bordure.
La compatibilité de chaque essence avec le climat attendu à l’horizon 2050 a été vérifiée. Ces choix permettent également de valoriser localement la   production de bois issue du futur peuplement. 

Avant l’incendie de 2022, le peuplement reposait sur des plantations des années 1960, composées surtout d’épicéa et de pin sylvestre. Depuis 2024, les travaux de reconstitution s’appuient sur un nouveau mélange plus varié, avec six essences plantées par îlots sur deux campagnes successives.

La diversité des essences présente plusieurs co-bénéfices :  la diversification des habitats favorable à la biodiversité, l’amélioration de la résistance aux aléas climatiques, aux maladies et aux feux, mais également l’intégration paysagère dans un territoire touristique.  

Une forêt mieux préparée au risque d’incendie 

Face au risque incendie, le dispositif repose d’abord sur la prévention. Un réseau de pistes quadrille la centaine d’hectares du groupement forestier dans lequel se situe le projet, et le plan de défense de la forêt contre l’incendie élaboré avec l’ONF prévoit une piste prioritaire réalisée en 2026.
Une deuxième est en cours de réalisation, et un point d’eau accessible aux pompiers et aux hélicoptères bombardiers d’eau est à l’étude. Les plantations sont assurées contre l’incendie et la tempête, et des dégagements limitent la végétation de lande autour des jeunes plants.

Des chênes rouges plantés en bordure de parcelle forment une lisière feuillue, généralement moins inflammable que les résineux, qui freine la propagation du feu tout en soignant le paysage. L’expérience de 2022 a donné des enseignements : sur la parcelle comme dans les forêts voisines, le feu, qui s’est propagé au sol dans les landes, s’est arrêté à plusieurs massifs d’épicéas de Sitka adultes, qui ont résisté. 

Un retour de la biodiversité 

Les sols des Monts d’Arrée sont acides et pauvres. Pour préserver l’écosystème en place, ils n’ont subi aucune préparation lors des travaux de reboisement. La diversité des essences plantées, réparties en îlots, contribue à créer une mosaïque d’habitats favorables à la faune et à la flore. Les bordures de feuillus de (chênes rouges) structurent la parcelle, pour le paysage comme pour la biodiversité.

Les rémanents de l’exploitation sont rassemblés en andains : ces alignements de branches et de bois morts conservent la matière morte au sol et offrent refuge et nourriture à la petite faune, aux insectes et aux champignons. Enfin, les dégagements autour des jeunes plants sont réalisés mécaniquement, à la débroussailleuse ou par robot.

Un financement qui change la nature du projet 

Le financement apporté dans le cadre du Label Bas-Carbone permet d’aller au-delà d’un reboisement standard et de renforcer la qualité écologique et la résilience du projet. Il prend en charge le coût de plantations d’essences plus onéreuses (chêne rouge, thuya géant, cryptomère du Japon), l’apport d’engrais sur chaque plant afin de favoriser la reprise des jeunes arbres, et les protections individuelles contre le gibier (filets sur les chênes et répulsifs sur les conifères, le chevreuil étant la principale menace pour les jeunes plants).

Ces moyens contribuent à améliorer le taux de survie des plantations à préserver la diversité des essences plantée et à garantir sur le long terme la réussite de la reconstitution forestière.  

Un projet avec un ancrage local 

Au-delà de la régénération de la forêt et des bénéfices pour la biodiversité, ce projet contribue au développement socio-économique du territoire de Saint-Rivoal. 

En effet, dans le cadre de cette opération de reboisement, l’accent a été mis sur l’ancrage local. Pour les travaux forestiers, une sélection d’entreprises régionales situées dans un rayon de 40 à 70 km autour du chantier de reboisement a été mobilisée, permettant ainsi de favoriser l’économie territoriale. Forêt de production sylvicole, le projet participe aussi directement à la dynamique de l’économie locale, la filière bois représentant en Bretagne plus de 23000 emplois.

Ce projet contribue également à la préservation du tourisme local en valorisant les paysages forestiers, essentiels à l’attractivité de la région pour les visiteurs en quête de nature. Les lisières feuillues de chênes rouges participent aussi à la qualité du paysage. Les parcelles sont ouvertes au public et incluent des itinéraires de grande randonnée, et même le parcours de l’Ultra-Trail des Monts d’Arrée. 

Ressources

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